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César, Amstaff, champion de France de Flyball

Le contexte initial
En 2013, après avoir passé 8 ans dans un grand groupe pétrolier en tant qu’architecte, j’ai décidé de voué toutes mes forces à la promotion de l’Amstaff en France. Je voulais montrer au grand jour un chien intelligent, sportif, sociable et parfait comme chien de famille. Afin de changer le regard des gens, il fallait que je puisse présenter un véritable étendard de la race qui excellerait en travail, sport et concours de beauté.

Recrutement de mon bras droit
Pour m’aider dans ma quête, il me fallait un chien, exemplaire et bien dans ses pattes avec lequel je puisse atteindre tous mes objectifs. Non pas que les chiens de la maison ne faisaient pas l’affaire, mais mon manque d’expérience de l’époque m’avais fait raté plusieurs étapes importantes dans leur éducation. J’ai préféré repartir de zéro avec un nouveau chien, pour établir des bases solides.
Mon choix s’est porté sur César, un chiot élevé par des amis proches en qui j’ai une grande confiance, tant sur le choix des parents, que sur les conditions dans lesquels grandissent les chiots (hygiène, éveil, pré-sociabilisation, etc.). Sa mère, All Star Dueto est Multi Championne de beauté. Pour l’avoir eu à plusieurs reprises dans mes cours d’éducation, j’ai pu constater qu’en plus d’être une très belle chienne, elle était aussi très équilibrée, stable et très tourné sur l’humain. Le père, Staff O’Class High Power pack, qui est Champion des Etats Unis, a été élevé en France mais possède un pedigree 100% américain (Fraja / Sindelar).

Dès son plus jeune âge, César m’a accompagné à chaque fois que je me rendais au club d’éducation. Là-bas, il s’est très vite imposé comme LA mascotte. Adhérents, encadrants, visiteurs… tout le monde a adopté son caractère joueur et sociable.

Chien Régulateur
Une fois la première partie de ma formation de monitorat canin terminé, j’ai commencé à animer des cours d’éducation en binôme avec mon formateur. César, (âgé alors de 4 mois), nous accompagnait à chaque fois sur le terrain.
Au fil du temps, il a développé une super sociabilité : grand, petit, poilu, aboyeur, il n’a jamais fait preuve de la moindre agressivité ou de réaction étrange envers d’autres chiens. Durant ma formation j’avais entendu parler de « chiens régulateurs » : un type de chien qui, une fois dans un groupe, arrive à réguler les interactions entre les chiens qui le composent. J’ai donc commencé à expérimenter les sorties en groupe de plusieurs chiens. Après plusieurs ballades, j’ai effectivement constaté que César avait la capacité d’éviter ou de désamorcer un conflit avec les chiens dominants, d’inciter les plus timides au jeu ou encore de ramener les chiens trop éloignés vers le groupe (comme un chien de troupeau !).
Avec le club, nous avons donc décidé de mettre en place des ballades éducatives où l’éducateur serait César & Fidji (une berger australienne elle aussi réputé pour ses talents de régulatrice) Ces ballades sont en place encore aujourd’hui et rassemble une vingtaine de chiens tous les mois.

Chien de beauté
Avec ma 1ère chienne Eyka, j’avais pris goût aux concours de beauté. Au-delà de la dimension compétition, j’aime aller à la rencontre des visiteurs, discuter, et leur faire changer d’avis sur la race. César est issu d’un mariage de sélection pour exposition, j’avais donc bien l’intention de me faire plaisir en concours. Je l’ai donc confié à ses éleveurs qui ont remporté avec lui des Meilleurs baby, Meilleurs Puppy, Meilleurs Jeunes et même un placement sur un ring d’honneur. J’étais très satisfaite de ses résultats en expo, mais en parallèle, ses progrès fulgurant en flyball m’ont poussé à devoir faire une pause dans les expos.

Flyball
Au départ j’avais la ferme intention de faire de l’agility. La discipline est très répandue, très médiatisée, ouverte à tous et déjà de nombreux Amstaffs y excellent. C’était donc le sport parfait pour participer à la promotion de l’Amstaff. Mais sa popularité l’avait rendu trop inaccessible : au club de Sucy, le grand nombre de participant rallongeait considérablement les passages sur les parcours. L’équipe d’encadrant était en sous effectif, et n’avait pas beaucoup de temps à accorder à chaque conducteur.
J’avais remarqué sur le terrain d’à côté, qu’un petit groupe de gens bizarres criaient beaucoup, courraient partout et jetaient des balles dans tous les sens : ils s’entrainaient au « Flyball » en section loisir. Les chiens avaient l’air heureux, et ça semblait être un bon défouloir pour les chiens comme pour les maitres. Ni une, ni deux, je les ai rejoint.

De la découverte à l’entrainement intensif
César, déjà passionnément amoureux des balles de tennis, a acquis les bases du flyball très rapidement. Nous étions une équipe de 4 chiens débutants. Les premières semaines d’apprentissage passaient surtout par des jeux : des sauts de haie, des courses de sprint, des attrapés de balle au vol, etc. Le but était de leur inculquer chaque séquence du parcours, avant de toutes les assembler pour réaliser l’aller-retour parfait. Notre équipe, composée d’un malinois, un griffon, un beauceron et César était entrainé par Fred, une compétitrice aguerrie en ring, agility et flyball. Sa précieuse expérience nous a permis de trouver une stratégie d’ordre de passage et d’adopter des automatismes. Mais notre vraie force était d’avoir travaillé la vitesse des passages de relai : plutôt que de faire démarrer les chiens à l’arrêt, nous leur donnions 5 mètres d’élan afin d’être déjà à pleine vitesse une fois la ligne de départ franchi.

Une semaine d’entrainement type :

La compétition
Nous savions qu’il nous restait beaucoup de travail avant d’arriver à un niveau intéressant, néanmoins, nous voulions nous confronter à la compétition : découvrir un nouvel environnement, jauger les chiens, et nous même…, en condition de stress. Nous nous sommes donc inscrits à Chateaudun, et ça a été… une catastrophe ! Cependant, la journée a été extrêmement riche en apprentissage, et dès le lendemain nous étions de retour sur notre terrain avec plein d’axe de travail et chargés de motivation. S’en sont suivi 4 compétitions, où nos progrès ont été fulgurants et très prometteurs, en finissant par une 3ème place sur le podium. Durant ces évènements, César a toujours été le seul Amstaff engagé. L’occasion rêvée pour continuer ma mission de promotion de la race. A chaque début de compétition, les regards des visiteurs, concurrents et même des juges n’étaient pas des plus accueillants. Mais c’était sans compter l’énorme bagou de César ! Et en fin de journée tout le monde était fan de l’Amstaff de la compétition.

Le championnat de France
Au vu de nos progrès, nous avons décidé de participer au Championnat de France 2015, à Biscarrosse. Quelle meilleure image pour l’Amstaff que d’avoir un représentant de sa race à la compétition la plus importante de l’année dans une discipline sportive ?
L’ambiance à l’arrivée a été la même que d’habitude. Et une fois de plus, au fil de la journée, les gens venaient voir César, se renseigner sur la race, me féliciter de son éducation et me souhaiter bon courage. Le juge de la finale s’était pris de sympathie pour César et a longuement parlé au micro rappelant que l’Amstaff était un chien extraordinaire plein de qualités et que la compétition comptait un de ses excellents représentants. 5 minutes plus tard nous avons remporté la final de la division 3 et César est devenu le premier Amstaff champion de France de Flyball.

Next Step
Suite à ce titre exceptionnel, nous avons décidé de participer à l’European Flyball Championship 2016 (EFC 2016) qui se déroule à Cambridgeshire en Angleterre. La règlementation du Royaume-Uni interdit les Amstaffs sur son territoire, ce qui rend, à priori, notre participation à la compétition impossible. A priori seulement, car j’ai reçu un nombre incalculable de mots de soutien, posts facebook, partages, lettres de juges et d’organisateurs et aussi le soutien du club de race, le FAST. Nous prenons exemple et espoir sur la Norvège, qui a également banni l’Amstaff au début des années 2000, mais qui , à l’occasion du Championnat d’Europe de beauté en 2015, a autorisé, sous conditions, l’Amstaff sur ses terres. Je pars du principe que rien est impossible ! Et nous nous battrons jusqu’au bout pour participer à cette compétition. Quelle meilleure pub pour cette race qui nous est chère que de la montrer à la plus prestigieuse compétition de flyball d’Europe, qui plus est, dans un pays qui aurait outre passé ses lois, pour reconnaître les qualités évidentes de cette race hors du commun.