La Stérilisation

Que ce soit par simple confort, pour raisons médicales, pour écarter un chien non conforme au standard du système de reproduction ou encore pour assurer une retraite paisible à une lice… Vous l’aurez compris, les raisons qui nous amènent à faire stériliser nos compagnons sont multiples… au moins autant que les techniques existantes, leurs avantages et leurs inconvénients.

Ensemble, faisons le point…

Définition

La stérilisation est une méthode de contraception qui fait emploi d’une procédure chirurgicale et qui offre une contraception permanente et fiable.

A quel âge ?

Chez la chienne, le discours des vétérinaires incite généralement a une stérilisation jeune. L’argumentaire utilisé met en avant les bénéfices sur la santé de la chienne si cette stérilisation est faite avant ses premières chaleurs, ou au plus tard, entre les premières et les secondes chaleurs. Au delà, le bénéfice santé reste présent mais il est moindre.

L’idée étant de procéder à cette stérilisation avant, ou le plus tôt possible pendant la phase de puberté. Cette dernière survient vers les 6 – 8 mois et représente l’étape du développement où les organes reproductifs sont fonctionnels.

Quelques notions d’anatomie

On ne peut parler de stérilisation sans avoir un minimum de notions d’anatomie. Et comme bien souvent un dessin vaut mille mots, vous trouverez ci-contre une schématisation de l’appareil génital de la chienne.

Les techniques chirurgicales de stérilisation consistant à supprimer les ovaires et/ou l’utérus.

Les ovaires :
Elle sont à la femelle ce que les testicules sont au mâle. C’est aussi le siège de la production des ovules.
Les ovaires permettent la sécrétion entre autre, de deux hormones :

La progestérone :
qui influe sur le cycle de chaleur de la chienne.

L’œstrogène :
qui est responsable du comportement de reproduction et du développement de l’appareil reproducteur féminin.

L’utérus :
C’est le siège principal du développement embryonnaire.

Les techniques

D’une manière très simple, il existe deux opérations chirurgicales pour la stérilisation. La différence entre les deux consiste à savoir si on désire supprimer partiellement ou totalement l’appareil reproductif.

L’ovariectomie

Cette technique consiste à ne supprimer que les ovaires (ovari– les ovaires, -ectomie pour enlever). Après incision, le vétérinaire procède à une ligature au niveau du pied qui irrigue l’ovaire en sang, il ligature ensuite le bout de la corne de l’utérus et finit par retirer l’ovaire.

L’ovariectomie peut être effectuée en passant soit par la dite Ligne Blanche (c’est la ligne verticale qui prolonge le sternum, passe sur le nombril et arrive au pubis) ou alors par les flancs (dans le creux en arrière des côtes et sous les lombes).

Si la question du choix de la technique à utiliser est presque toujours posée, la décision finale revient au vétérinaire.

L’ovario-hystérectomie

Cette seconde technique consiste a supprimer l’ensemble de l’appareil reproductif (ovari– les ovaires, -hyster- l’utérus, -ectomie pour enlever). En plus de supprimer les ovaires, le vétérinaire supprimera également l’utérus.

Elle est donc plus lourde qu’une ovariectomie et est effectué en passant par la fameuse Ligne Blanche.

L’Hystérectomie et la ligature des trompes

Ce sont deux techniques qui existent également. On n’en parle moins (voir pas) car elles ne présentent que très peu d’intérêt. Comme pour les deux premières, elle empêchera votre chienne de porter, mais n’apporte aucun bénéfice en terme de santé et conserve tous les inconvénients d’une chienne non opérée. Les ovaires restant en place et fonctionnels.

Les Avantages :

Les tumeurs mammaires

C’est, en termes de santé, l’argument majeur motivant la stérilisation précoce des chiennes. Leur développement est lié au développement et à l’activité du tissu mammaire. Pas de puberté, pas de cycle sexuel et donc beaucoup moins de tumeurs mammaires.

Les chiffres sont impressionnants, le risque de développer les tumeurs mammaires est réduit de 99.5% si une chienne est stérilisée avant ses premières chaleurs. Le résultat est presque aussi bon si la chirurgie a lieu entre les premières et les secondes chaleurs.

En sachant que les tumeurs mammaires sont le cancer n°1 de la chienne et que les tumeurs sont malignes dans 50% des cas, ce seul avantage en terme de prévention justifie la stérilisation.

Les tumeurs ovariennes, elles, sont rares et le risque devient nul après chirurgie.

Les Chaleurs

En supprimant les ovaires, on supprime les chaleurs, fini donc les gouttes de sang un peu partout dans la maison. Fini aussi les fatigantes balades dans le quartier avec les mâles complètement dingues le long de votre parcours. Et à moindre mal, fini la magnifique culotte… sauf si travestir votre compagnon reste votre passion… 😉

Une chienne stérilisée n’aura plus ses chaleurs et c’est bien là l’intérêt.

Et pas de bébé, du coup.

Les portées accidentelles

Une chienne non stérilisée continuera à motiver les ardeurs des mâles.

Nul n’est à l’abri des assauts répétés d’un champion qui finira par avoir raison de votre clôture. Sauf pris sur le fait, ce dernier ne sera bien évidement pas identifié et appartiendra encore moins à la race.

Tout le monde comprendra qu’en ce qui concerne l’American Staf., ce cas n’est plus acceptable à l’heure actuelle.

La portée accidentelle pose aussi la question du suivi de la grossesse et de la chienne, de l’éveil des chiots et à terme, de leur placement…

Chose qui dans ce contexte, n’est a fortiori pas au programme.

Les infections utérines

Le pyomètre est une infection de l’utérus, assez fréquente chez les chiennes âgées, qui passe longtemps inaperçue (pas de perte, ou pertes nettoyées par la chienne qui se lèche la vulve).

Un traitement médical existe, mais le risque de rechute et si élevé que l’ovario-hystérectomie reste très fortement conseillée.

Les risques de séquelles sont importants, en favorisant notamment l’apparition d’une insuffisance rénale chronique.

Plus de chaleur, pas de pyomètre.

La transmission des maladies génétiques et des défauts de non conformité

Tout propriétaire ou éleveur possédant un individu porteur d’une maladie génétique identifiée (exple : Ataxie) ou d’un défaut rédhibitoire de non conformité (cryptorchidie, prognathisme) écarte tout risque de prolifération.

On peut presque parler de geste responsable.

Les grossesses nerveuses

Liée à un dérèglement hormonal en fin de chaleur, les grossesses nerveuses ne sont pas dangereuses en soi, mais sont souvent mal vécues par la chienne et les propriétaires.

Notons que les grossesses nerveuses peuvent également représenter un risque aggravant de tumeurs mammaires.

Là encore la stérilisation et l’ablation des ovaires règlent ce problème.

Les Inconvénients :

Les chaleurs

Et bien oui… une chienne stérilisée n’a plus de chaleurs. Donc si vous voulez la faire porter, autant dire qu’il ne faut pas la faire opérer.

L’obésité

C’est l’inconvénient principal. Les chiennes stérilisées ont un risque d’obésité très supérieur à celui des chiennes dites « entières ».

Une surveillance sérieuse de l’alimentation permet d’éviter ce danger.

L’incontinence urinaire de la chienne castrée

La force du muscle qui ferme la vessie (le sphincter urétral) dépend en partie de l’imprégnation en œstrogènes. En supprimant les ovaires on provoque un affaiblissement de ce muscle. La chienne, surtout si elle dort la vessie pleine, peut « déborder ». Ce sont souvent des pertes de fin de nuit, involontaires et plus ou moins marquées.

Ce n’est pas grave, mais c’est pénible, et relativement fréquent. Il existe des traitements efficaces pour ce problème.

Les cancers

Quelques études ont soulevé un risque supérieur d’ostéosarcome (tumeur osseuse), de carcinome transitionnel de la vessie (cancer de la vessie) chez les chiennes stérilisées. Ces cancers sont relativement rares (beaucoup plus que les tumeurs mammaires), et cette augmentation de risque ne justifie pas d’éviter la chirurgie.

Le bénéfice santé suite a une stérilisation étant nettement supérieur au risque de développement de tels cancers.

Idées reçue…

Le bonheur et la nature

Pour le pas procéder a une stérilisation, l’argument principal utilisé par les propriétaires, c’est qu’ils craignent que leur chienne ne soit pas heureuse si elle n’a pas eu de petits (au moins une fois).

Il semble maintenant évident qu’une chienne ne part pas en « chasse » parce qu’elle ressent le besoin d’être mère et d’avoir des chiots, mais bel et bien parce qu’elle est guidée par ses hormones.

Au même titre qu’aucune femme, mensuellement, se roule par terre en pleine rue invitant ainsi tous les badauds au coïte.