Bayron et Replay, chiens de sauvetage.

De confession motarde mais surtout canine, Samuel est ce que l’on peut appeler un amoureux des chiens. De facto, il a une race de cœur et ce, depuis 2004.

Pourquoi l’American Staffordshire Terrier, comment as-tu découvert cette race, dans quelle circonstances…

« Je cherchais un chien ayant de l’allure genre Rottweiler – Doberman – Dogue de Bordeaux  etc… mais pas trop commun ou trop répandu

Puis j’ai eu vent des polémiques sur les chiens dangereux et je me suis intéressé à ce phénomène de « bête sanguinaire » sans y croire bien évidemment… et j’ai commencé à plus m’intéresser aux molosses et aux terriers de type bull.

Initialement tenté par un Rottweiler, je me suis rabattu sur l’ American Staffordshire Terrier car je souhaitais un chien que je pourrai éventuellement confié à un collègue en cas d’absence prolongé sur le terrain (à l’époque j’étais gendarme et j’ai toujours pensé à juste titre qu’un American Staffordshire Terrier est plus facile à confier qu’un Rottweiler, en particulier lorsqu’il faut pénétrer dans le logement où vit le chien… contrairement au American Staffordshire Terrier, le Rottweiler est généralement plus gardien et méfiant) et plus passe-partout en gabarit. De plus, l’énorme variété de couleurs de robe chez l’American Staffordshire Terrier m’a tout de suite attirée, face au classique noir et feu du Rottweiler.

6 mois pour me faire à l’idée d’avoir un chien et 6 autres mois pour choisir ma race de cœur  »  

Ce militaire retraité reconverti dans la sécurité en milieu diplomatique occupe ainsi une partie de son temps libre à l’éducation et au dressage de ses chiens. Après l’acquisition de VINCE, un chiot né fin 2004 dans un élevage sérieux. C’est par le biais de ce même élevage que Samuel accueillera REPLAY en avril 2008, une sœur de VINCE, issue de la même portée. BAYRON viendra rejoindre définitivement la tribu 2 ans plus tard, alors que Samuel l’avait depuis 8 mois déjà en famille d’accueil pour le compte de l’association Amstaff Rescue (dont il est également le délégué pour les Savoie depuis plusieurs années).

C’est pendant un stage d’initiation « chien de sauvetage » suivi au cours de l ‘été 2011 au Club Canin d’Avalanche de Villarlurin que ce quatuor découvre cette discipline.

Parallèlement aux chiens dits « opérationnels » (forces de l’ordre, sécurité civile, pompiers), il existe aussi depuis une dizaine d’années des chiens de recherche de personnes mais en tant que sport canin.

Cette discipline a pour but de promouvoir les races canines et donc d’améliorer le cheptel des chiens potentiellement destinés à de la recherche opérationnelle par le biais de programmes de compétition internationaux, créés afin d’obtenir un très haut niveau de technicité.

Apres le départ précipité de VINCE, fauché dans sa 7ème année par un lymphome, le trio décide de mettre le turbo dans cette discipline découverte quelques mois auparavant.

Ils adhèrent au CCA Villarlurin, le plus gros club de chiens de recherche de France en terme de licenciés, dont le président Camille VACHET n’est autre que le capitaine de l’équipe de France, championne du monde 2010 en chien de décombre.

Comment as tu été accueillis par le club, comment ont été (ou sont encore) perçus l’American Staffordshire Terrier et ses propriétaires ?

« Très bien car mon président de club est formateur chien catégorisé et aucun propriétaire – adhérent du club n’a d’a priori sur les chiens cat’

De plus, quand j’ai dit à mon président que je venais pour faire du sauvetage avec des American Staffordshire Terrier, il a été emballé car il ne connaissait pas cette race et il était curieux de voir comment la dresser et constater le rendu sur le terrain ; et quelle belle publicité…

Un peu de surprise en concours quand je me présente avec mes American Staffordshire Terrier mais très peu de la part des compétiteurs surtout qu’on se connait tous maintenant… plus par les néophytes et le public qui viennent découvrir la discipline de sauvetage et qui s’attendent à ne voir que du Berger Belge Malinois, du Berger allemand, du Golden Retriever ou du Labrador »

Ainsi, après 3 ans d’efforts et de multiples entrainements quasi-hebdomadaires, REPLAY conforte son statut de chien de sauvetage licencié et répertorié auprès de la Commission d’Utilisation Nationale des Chiens de Bergers et de Gardes.

Cette jolie paupiette bringée âgée de 10 ans depuis le 14 octobre s’entraine aux cotés d’un clown tricolore nommé BAYRON âgé de 8 ans.

Si ces jeunes seniors sont depuis toujours détenteurs d’un doctorat en matière de squat de canapé, ils ont en 2013 également réussi leur test de qualification en recherche de surface (environnement plus ou moins boisé pouvant comporter différents types de végétation) ainsi qu’en recherche en décombres (zone de gravas simulant un effondrement de bâtiment ou un tremblement de terre).

Cette année 2014 a vu se succéder de nombreux entrainements dans ces deux disciplines en échelon A, qui est l’avant dernier niveau de difficultés pour les domaines de surface et de décombres

(Brevet – Test de qualification – Echelon A – Echelon B).

Tous les niveaux sont constitués et sanctionnés en compétition comme suit

  • une épreuve d’obéissance et de dextérité afin de démontrer une complicité maitre-chien au cours d’exercices exécutés sur des agrès (obstacles rappelant pour certains l’agility, pour d’autres des difficultés pouvant être rencontrés en progression sur un terrain opérationnel).
  • une épreuve de recherche d’une à trois victimes cachées sur une surface variant de 5000m2 (400m2 en décombres) à 40000m2 (1500m2 en décombres), ceci dans un temps imparti compris entre 10 et 30 minutes

Pour valider un niveau, le binôme homme-chien devra obtenir un minimum de 70% des points dans chacune des deux épreuves décrites ci-dessus.

Voici une bien belle activité pour une race canine qui nous est chère, tant stigmatisée et pointée d’un doigt accusateur sous des projecteurs médiatiques pas toujours bienveillants

Cette discipline est ouverte aux chiens de toutes races, détenteur du CSAU, LOF ou non LOF. Elle est régie par un groupe de travail rattaché à la CUN CBG, commission faisant elle-même partie de la Société Centrale Canine.

Quel est ton objectif pour les années à venir avec tes chiens dans cette discipline ?

« Leur faire passer leur niveau A en surface et en décombres, éventuellement un niveau B en décombres mais ce sera en fonction de l’évolution de leur état physique car les toons ont 8 et 10 ans. Je mise surtout sur mon mâle qui est plus jeune et a plus de peps et de gniack. Le top serait d’accéder en B et de pouvoir le présenter aux sélectifs pour le championnat du monde en 2016 en Roumanie – épreuve de décombres en équipe de 3 ; pour sa 10ème année : ce serait finir en beauté mais on est encore très loin d’avoir le niveau pour prétendre à y concourir.

Comme j’ai toujours dit, mes chiens « essuient les plâtres » : je suis débutant dans ce sport et j’ai commencé avec des chiens âgés de 4 et 6 ans. Ces 4 années ont passé très vite. J’apprends… je fais des erreurs, je découvre, je prends des notes qui me serviront pour les prochaines recrues… dont l’une sera bien entendu un American Staffordshire Terrier, très probablement un adopté car c’est mon « trip » de monter un chien délaissé dans cette discipline (même s’il est plus aisé de démarrer un chiot qui a le disque dur vierge…), bien que je n’exclue pas non plus prendre un chiot ou un très jeune chien. Je fonctionne au coup de cœur… qui sait…

Aux côtés d’un prochain American Staffordshire Terrier, je n’ai pas encore décidé de l’autre race : Staffordshire Bull Terrier, Doberman, Airedale… beaucoup de races m’intéressent… beaucoup de races différentes des bergers trop répandus à mon goût (un bémol pour le CLT : quelle classe ça serait de conduire un chien-loup en recherche, n’est-ce-pas… mais quel défi aussi… quelques CLT font de la Recherche Utilitaire mais ces races primitives sont peu répandues) ; c’est une discipline canine sportive ouverte à tous, donc profitons-en !! »